La ville de Canton est de 7 millions d’abitant en 2001 à 15 millions en 2008
Le Caire avait 300 000 habitants en 1800 et 15 millions en 2010
Sao Paulo avait 240 000 habitant en 1900 et 11 millions en 2011
...
Les temps modernes (ceux de Charlot) ont peut-être été le déclencheur
de la désertification des campagnes. Les projections ONU prévoient que
60% de la population de la terre vivra en ville (80% en Europe), avec,
déjà en 2015, 36 mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants (contre
23 en 2005).
Environ 1/4 de ces habitants des villes sont dans une économie de
survie (1/3 sans électricité ni eau), 6% dans les pays riches et jusqu’à
80% dans les pays pauvres.
(http://www.laterre.fr/article.php3?id_article=262)
Loger, nourrir, vêtir et gérer les déchets de 20 millions d’habitants
concentrés sur quelques kilomètres carrés est une oeuvre colossale
chaque jour renouvelée. Le système se nourrit de lui-même et grossit à
l’image d’un trou noir cosmique sans que personne ne sache comment faire
marche arrière... Jusqu’à quand ?
Le centre de la vie ne semble plus être «Manger et boire», seule une
petite part des hommes suffit à fabriquer la nourriture et souvent pour
des salaires et des conditions de vie injustes. Le centre de la vie,
c’est devenu tout le reste. Il est étonnant que personne n’ait trouver
le moyen d’orienter le temps du travailleur vers la construction d’un
cadre de vie à la hauteur de notre intelligence.
Puisque l’on a trouver le moyen de construire un cadre de vie fait
d’assurances (et d’assurances d’assurances), de gestion de l’argent de
chacun et de gestion-prolifération de l’argent de l’argent, de
transposition du transport à pied à transport en transports,... pourquoi
ne trouverait-on pas le moyen de construire un cadre de vie fait d’un
travail agréable, dé-valué, à coté de chez soi,... ?
Aux origines de la ville, il y avait un point d’eau et comme seule
énergie, celle des bras de l’homme. Aujourd’hui, en ville, l’eau ne sert
plus à arroser les plantes nourricières. Une infime partie est bue, le
reste est pour l’hygiène, de plus en plus d’hygiène chez les nantis.
Et puis est arrivée l’énergie électrique, qui a aimanté les hommes,
distordu les métiers et les richesses et dressé les maisons vers le
ciel.
Gutembert, Ampère, et maintenant Google et Facebook et cette
désagréable impression d’abandonner nos savoirs, nos actions et nos
pensées à un nuage radioactif de ferraille et de virtuel qui pourrait
bien nous péter à la figure. D’ici quelques dizaines d’années, la
cybernétique pensera plus vite que nous et produira des tsunamis de
décisions.
Déjà, les caméras embarquées filment la route et produisent
l’enregistrement qui convaincra l’assureur que vous n’êtes pas fautif et
le séquençage ADN vous prévient de vos faiblesses physiologiques.
Bientôt, l’eugénisme ré-apparaîtra sous d’autres formes subtiles, sous
des prétextes douteux, avec des manipulations génétiques d’apprentis
sorciers.
Echappera-t’on à de nouvelles villes fortifiées, à des hiérarchies humaines reproductibles ?
Restons dans le futur proche et dans notre région et voyons si
l’homme peut re-coloniser les villages, re-dynamiser les petites villes,
rebâtir une micro-économie.
Un énorme gisement d’emploi est dans la ré-habilitation des vieilles
maisons, avec réfection totale ou partielle du bâti. Proposons un
partenariat public-privé avec levée de fond collective et souscription
auprès des futurs habitants pour racheter des villages en désertion ou
engager des rénovations dans les faubourgs, pour les rebâtir dans un
cadre de vie attractif. L’opération est gagnante pour tous, sauf si des
erreurs ou insuffisances de pédagogie viennent à pourrir le climat. (les
déclarations d’intérêt public sont toxiques si elles se passent en
amont d’une adhésion des populations concernées).
La rénovation fournit aux habitants un logement provisoire, par exemple
un bâtiment préfabriqué installé à la place d’une première maison vide
rasée. De proche en proche, selon un plan concerté mêlant les cours
urbaines, les jardins, les rez-de-chaussée commerciaux pour des petits
commerces ou métiers d’animation, les studios d’étudiants, les petites
maisons de retraite, les salles communes,... De proche en proche,
pourra-t’on voir disparaître les marchands de sommeil et leurs
mini-chambres insalubres, les logements étriqués, les étudiants mal
logés, les maisons de retraite glauques, les prisons surpeuplées...
C’est là un gisement d’emplois, à condition que l’on redonne aux métiers
manuels leur attractivité, par exemple avec des formations aux
techniques de constructions écologiques, qui elles-mêmes restent à
inventer.
Quelques slogans :
«entre une chambre de 9m2 et une chambre de 15m2, y a pas photo»
«une grande cuisine, c’est aussi un lieu de vie»
«Je ne chauffe pas plus de 10 jours par an»
«L’étudiant que je loge redonne vie à l’immeuble»
«Assistance informatique, bricolage convivial, rattrapage scolaire,... même combat»
Habiter non loin de son lieu de travail est, sauf exceptions souvent
guidées par le gain financier, un souhait naturel, d’autant qu’un peu
d’exercice physique à pied ou en vélo pour aller travailler et revenir
en achetant son pain devrait être plaisant pour beaucoup.
Si le salaire était indexé sur la distance domicile-travail ? Plus les
employés habitent loin, plus les charges sociales de l’entreprise et du
salarié augmentent, puisqu’il faut que la collectivité dépense plus pour
l’espace-temps de transport.
On voit d’ici les cris d’orfraie du patronat, mais peut-être faut-il
leur expliquer qu’un employé qui n’habite pas trop loin se sentira mieux
concerné par son entreprise, et abordera son travail plus frais et
dispos que s’il se lève à point d’heure et passe un dixième de sa
journée dans des conditions contraignantes de transport. Quant à
l’employé, il sait qu’il fera des économies de transport, gagnera en
présence à sa famille et à lui-même, tout en augmentant son capital
santé.
Restera à convaincre les fabricants de voitures, les industries
pétrolières, les économistes de l’immédiat, les contribuables
primaires... Cela passe par une pédagogie de tous les instants, en
construisant d’abord une image positive de la vie en quartier, par
exemple av evec les thèmes suivants :
«je vais travailler à pied, j’ai un bon équilibre de vie»
«j’ai redécouvert le vélo (électrique) pour aller travailler»
«je prends mon pain chez le boulanger en rentrant»
«marre de me lever à 6h pour aller bosser»
«de mon bureau, je vois la campagne»
«je rentre manger à midi avec mes enfants»
«j’ai souscrit pour habiter à 10mn de mon travail»
«l’épicier du coin n’est pas plus cher si je considère le prix de ma voiture»
«les employés qui sont du quartier ont un rapport positif à leur travail»
«J’ai rencontré mon patron à la kermesse de l’école»
«la Région contribue pour 256 millions d’euros aux transports domicile-travail de plus de 3km»
«si la voiture vous coûte 0,5 euros par kilomètre, elle coûte aussi à la
Ville à peu près autant : parking, entretien des chaussées, traitement
de la pollution,...»
Si logements et entreprises se rapprochent, il est fort probable que
les commerces et les loisirs suivront naturellement ces usagers que l’on
verra en plus grand nombre sur les trottoirs. Il se reconstitue alors
des quartiers-villages dans la ville, de plus en plus autonomes. A
terme, l’attractivité du cadre de vie en quartier-village devrait faire
baisser l’intérêt des villas forteresses à l’extérieur de la ville.
Le problème reste l’application d’un réglement qui peut apparaître
comme discriminatoire et difficile de mise en application avec des gens
pour qui contourner la fiscalité est un sport.
La tentative d’éco-taxe pour les poids lourds est l’exemple même de ce
qu’il ne faut pas faire. Le lobby des transporteurs est politiquement
trop fort... et l’Etat trop faible... et l’Etat, c’est nous !
L’Egypte
Comment Le Caire peut-il vivre ? Sans doute y a t’il une myriade de tout
petits échanges, de tout petits boulots. Mais d’où viennent les tonnes
de nourriture, de vêtement, de chaussures, de ciment ? Il faut quelque
part des exportations en retour, vers la campagne dans un pays à 94%
désertique, vers l’étranger, avec un peu d’énergie primaire, de métaux,
de cotons et de tourisme.
La croissance démographique déborde les infrastructures et engage
l’Egypte vers un déficit chronique de logement, d’écoles et d’emploi.
La transformation d’une agriculture vivirière tout le long du Nil en
monoculture de coton ou de canne à sucre à cassé la possibilité de
développement de petites villes et accru les inégalités : une grosse
cimenterie est plus rentable pour les actionnaires que des milliers de
petites production de briques... mais elle détruit l’équiibre social et
incite au bétonnage.
L’autre erreur est de constuire ou reconstruire en parpaing là où l’on
construisait en briques épaisse. Une maison à l’occidentale fait plus
riche mais beaucoup moins frais qu’une maison de briques épaisse. La
climatisation à outrance a trop d’effets pervers.
Un jour, l’Egypte aura peut-être la sagesse d’inciter, par l’éducation
et par la publicité, à maîtriser sa démographie et ses inégalités, à
dresser des villes et des villages à taille humaine le long du Nil,
toute en briques locale, avec de l’énergie solaire et tout autour, des
cultures vivrières ou de lin (avec tous ses dérivés à fabriquer) à la
place du coton ou de la canne à sucre trop consommatrices d’eau,
d’engrais et de pesticides. Le limon du Nil mérite mieux.
La Chine
La gouvernance se fait à grands coups de barre, dont les effets sont
énormes, positifs et pervers. La politique démographique va
déséquilibrer pour longtemps la société. L’insupportable pollution des
grands centres atteint autant les plus riches que les plus pauvres. La
gestion des grands fleuves et leur pollution modifie profondément les
habitudes agricoles. La corruption et le manque de formation des
fonctionnaires ne facilitent pas des évolutions positives
On peut supposer que de nouveaux grands coups de barre essaient de
corriger le système chinois. Vraisemblablement, cette gouvernance
induira d’énormes déplacmeents de population. Quite à bâtir des villes
nouvelles, qui engagent pour des dizaines d’années, voire des siècles,
autant essayer de les bâtir pour un avenir radieux.
Peut-on espérer que la Chine s’engage vers un heureux équilibre entre
ville et campagne, malheurusement antagoniste des investissements
pharaoniques en croissance rapide sur des domaines à rentabilité
financière, au préjudice du tissu social.
A chaque mégalopole ses solutions, imbriquées dans la politique à
l’échelle du pays, et de plus en plus dans la politique mondiale
(évolution climatique, mondialisation des échanges, conflits armés
incessants,...). Les mégalopoles sont dans un mode
«attraction-répulsion», qui conjugue une incroyable diversité de
richesses et de pauvretés, prisonnières d’elles-mêmes. On voit mal
comment, dans cinquante ans, dans cent ans, assurer à chacun un cadre de
vie agréable. Des tentatives comme à Villa El Salvador près de Lima
(Pérou)
http://www.alterinfos.org/spip.php?article1045, montre que l’attracteur
étrange qu’est la mégalopole peut être inhibé au profit d’un autre
attracteur dont l’éducation et la participation sont des piliers.
L’exercice a ses limites, illustrées par exemple dans nos contrées par
la difficulté des écologistes de faire aboutir des projets concrets. Un
homme qui pense est toujours face à un autre homme qui pense, un
écologiste peut en cacher un autre... et midi ne peut être à la porte de
tout le monde.
http://ertia2.free.fr