Ces contraintes conduisent à la solution d’un train, … très différent du train d’au-
jourd’hui.
Une fois chargé en gare, le wagon rejoint le premier train qui passe et s’y attelle automati-
quement. Si le train ne va pas vers la bonne destination, le wagon se libère pour emprunter
une autre direction et attendre à nouveau le prochain train. Le pilote automatique de ces wa-
gons autonomes est nettement plus simple que celui des véhicules routiers qui ont à surmonter
des contraintes importantes (guidage latéral, obstacles mobiles, soleil, neige et pluie aveu-
glants, conflits aux sorties et entrées d’autoroute…).
Le concept est renforcé par la généralisation des conteneurs. Le wagon est une plateforme ba-
nalisée optimisée pour l’accueil des conteneurs. En gare, un simple pont roulant assure le
transfert avec des camions porte-conteneur chargé des trajets terminaux.
Le développement du WA est une révolution technologique propre à maintenir le réseau ferré
face à la route sur les grands axes comme sur les lignes secondaires et dans les dessertes fer-
rées industrielles, dans le cadre de la transition écologique et solidaire.
Diminuer, ou tout au moins contenir le trafic lourd sur les routes et autoroutes, c’est le
souhait d’une majorité de citoyens.
L’acceptabilité sociale des Poids lourds devient problématique. Leur nombre croissant
et le poids à l’essieu autorisé trop élevé réduisent la durée de vie des chaussées, dont
la rénovation est particulièrement coûteuse. Les accidents impliquant les camions ont
de forts retentissements dans les media. Les conditions de travail des chauffeurs sont
en décalage avec le progrès social. Les poids lourds sont difficiles à gérer dans les
situations de crise telles qu’un épisode neigeux ou une fermeture d’axe. Les grèves du
transport routier peuvent conduire à une faillite économique…
Mettre le fret sur les rails, c’est conserver un équilibre concurrentiel voire complé-
mentaire, faire des économies sur l’entretien des infrastructures routières, voire sur
certains investissements lourds. C’est aussi éviter des conditions de travail pénibles
aux chauffeurs routiers qui ont certainement un rôle à jouer dans les trajets locaux
expéditeur-gare et gare-destinataire, C’est encore réduire la consommation énergé-
tique et les pollutions ainsi que la gravité des accidents. C’est aussi une occasion de
vivifier les plateformes de triage qui peuvent être transformées en centres de distribu-
tion, réduisant ainsi l’artificialisation des sols provoquées par la multiplication des
plateformes de distribution routières.
On peut certes essayer d’automatiser des pelotons de poids lourds sur les autoroutes,
mais il faudra pour cela trouver une solution aux véhicules légers qui veulent sortir de
l’autoroute alors qu’un train continu de camions en voie lente les en empêche. La so-
lution du problème existe, c’est le train sur chemin de fer, mais on lui reproche en par-
ticulier sa rigidité, dans le temps et dans l’espace.
Une première amélioration est le ferroutage qui permet aux camions de prendre le
train. N’est-ce pas un peu bizarre de mettre des roues sur des roues ? On peut aller
plus loin sans révolutionner d’un coup le système ferroviaire actuel en donnant aux
wagons une certaine autonomie et en généralisant les conteneurs.
La faisabilité technique est acquise sur le plan mécanique et électrique. La recherche concerne
la qualité des capteurs (robustesse, précision, inviolabilité, ...), l’informatique embarquée (si-