deux grandes marches. L'autobus, c'est pour eux et pour quelques
jeunes scolaires, on dirait qu'il n'est pas pour les autres.
Manach aimait bien ses tramways, ça donnait l’impression d’aller
vite, de ne pas s’arrêter une éternité à chaque halte, d’accélérer et
de freiner en ligne droite et non pas dans des manoeuvres qu'il
avait baptisées rigolotes, vu qu'elles se passaient au travers des
rigoles et des caniveaux, mais qui n'étaient pas si rigolotes que ça
pour les passagers et le chauffeur. Ca n’a l’air de rien, mais c’est
peut-être ça qui fait la différence. C’est vrai aussi, que le tramway
est toujours plein comme il faut, jamais bondé, jamais désert,
souvent une tête connue, une jolie fille, un grand beur sympa, la
petite vieille qui connaissait l’oncle. Le tramway, c’est un quartier
qui bouge, c’est un morceau de ville, qui va et vient.
Le vélo, c’est pas mal, mais on a toujours besoin d’un peu de
courage. Dans la côte, on mettrait bien pied à terre...un peu
ridicule, non ! Encore que, moi j’en vois, de ces petites gens, qui
s’arrêtent et continuent à pas lents en poussant leur engin
jusqu’en haut de la côte. Moteur électrique, madame Calgon ! Vous
verrez, le chemin de la colline vous paraîtra tout plat et la bise
mauvaise deviendra brise. Et puis dans la descente, on peut aussi
aller vite, mais pourquoi pas descendre doucement, sans user les
freins, simplement en rechargeant un peu la batterie.
Alors un vélo électrique, génial. Un petit bol d’air vivifiant,
silencieux et sans sueur. Surtout que c’est bien foutu: ça vous aide
jusqu’à 25 km/h, pas plus, règlementation oblige, faut que ça reste
un vélo. 25 km/h c’est bien, n’allez pas croire. Vous, oui vous qui
êtes dans votre voiture, essayez donc de faire plus de 20 kilomètres
en une heure avec un vélo de course. Essayez donc aussi de faire
avec votre voiture 25 km en une heure en ville. Désolé, le vélo