Je m'appelle Philibert.
J'ai huit ans.Je trouve que c'est commode d'avoir huit ans.
Mon papa me dit que c'est très difficile de faire tenir les choses en l'air. Mais c'est pas vrai, je le vois bien, il y a beaucoup de choses en l'air.
Les nuages , je ne sais pas comment ils tiennent en l'air, mais ils ne se gênent pas. Ils ont de la chance, ils se promènent, ils se laissent faire par le vent. Quelquefois, ils sont tout seul, ils prennent le soleil.
D'autres fois, ils s'amoncellent, ils s'accumoncellent, comme dit papa, ils font une manif. Quand ils ne sont pas contents, ça fait des éclairs. Souvent ils pleurent.
Moi, si j'étais un nuage, je pleurerais pas. C'est trop cool d'être un nuage, on voit tout de haut. C'est peut-être parce qu'ils voient tout de haut qu'ils pleurent. Mon papa dit qu'il y a de quoi, parce que, de haut, on voit mieux les bêtises.
Mais aussi, peut-être que les nuages sont bons, fil en troppe, comme dit papa. Ils pensent que ça fait du bien à la terre, quand il pleut, ça donne des couleurs. Et les couleurs, les nuages aiment, ça les changent, eux qui sont que blanc, noir et gris. Sauf quand le soleil se couche, alors ils sont roses ; c'est la couleur des filles.
Et puis, il n'y a pas que les nuages qui tiennent en l'air. Les oiseaux, ils ont une toute petite tête et savent monter, descendre, tourner, virer planer même quand le vent se fâche. Nous, on a une grosse tête et on sait pas tenir en l'air.
Et même les mouches, c'est fou! Ca va dans tous les sens. Mais quand même, quand on les regarde longtemps, on voit qu'elles sont un peu bêtes.
Moi, si j'étais une mouche, j'irais partout. J'irais me poser sur l'épaule de ma grande sSur quand elle lit un livre et je lirais avec elle.
Ou bien, j'irais au manège, j'irais sentir l'odeur de la barbe à papa, j'irais juste au-dessus des vagues pour les entendre gronder et se fâcher avec de l'écume comme dans la bassine de confiture ou quand le lait veut se sauver.
Ertia