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Un usager à vélo
:-)
C'est une voiture en moins dans l'espace
public. :-(
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La promotion du vélo peut aussi
passer par le vélo
électrique.
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Le
vélo électrique?
Le vélo
électrique, appelé aussi "vélo
à pédalage assisté", est un vélo
classique, urbain, VTC ou pliable sur lequel on adapte un moteur
électrique de 200W (équivalent à un moteur de
batteur à oeufs ou de visseuse sans fil), alimenté par
une batterie d'environ 200Wh. La puissance de 200W est insuffisante
pour assurer à elle seule la propulsion du vélo (500W
pour un Solex). Il faut donc aussi pédaler (sauf dans les
descentes), mais moins fort, ce qui fait tout l'intérêt de
cette solution, où le cycliste reste un cycliste.
Au-delà d'une certaine
vitesse, l'assistance électrique est coupée pour des
raisons de sécurité
Le vélo électrique
reste un vélo utilitaire. Un cycliste "électrifié"
va à peu près à la même vitesse qu'un
cycliste non électrifié, mais sans sueur, ce qui fait
toute la différence.
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La dépense physique est
souvent un frein à la pratique de la randonnée à
bicyclette. L'adulte moyen peut fournir un effort continu
tolérable par tous sur du plat et sans vent pendant plusieurs
heures, par exemple en Hollande par beau temps. Sur un parcours de 50km
un peu vallonné, cet effort est réservé aux
cyclistes entraînés. De ce fait, le cycliste de
randonnées est un cycliste sportif , qui, par essence,
déconsidère totalement le vélo à
pédalage assisté. On comprend dès lors que seul le
marché des vélos électriques urbains se
développe.
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Architecture
Deux solutions sont proposées:
- Le kit, c'est
à dire l'adaptation moteur+batterie à des vélos
existants
- Le vélo
motorisé dont la partie cycle est conforme aux exigences
assumées par les vélos existants
- Le vélo
repliable motorisé.
Commande
La puissance est, selon les fabriquants, mise en oeuvre de deux
manières:
- Automatique: le
système mesure la force exercée par le cycliste et lui
fournit automatiquement la puissance électrique
équivalente
- Manuelle: le
cycliste dispose d'une commande au guidon pour doser l'assistance
électrique
Batterie
Les batteries sont pour la plupart au plomb gélifié
(50Wh/kg), technologie jugée suffisante par les constructeurs
pour une autonomie de 20km en ville, mais très critiquée
par les grands utilisateurs. Rares et chers sont les vélos
proposés avec des batteries plus performantes (Cadmium-Nickel,
Lithium-ion, ...).
Il existe des vélos électriques utilisant des piles
à combustible.
Encore faut-il fabriquer le combustible (hydrogène ou
méthanol). La
batterie a l'avantage de se recharger partout ... y compris à
l'aide de
panneaux solaires.
Transmission
- Le galet, comme sur les Solex, sur la roue avant ou
arrière
- Le moteur sur le pédalier
- Le moteur avec une chaîne sur le pignon arrière
- Le moteur roue, directement sur l'essieu, avant ou
arrière
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La
démarche canadienne
Le Canada a réalisé une expérimentation importante
dans le but de définir sa propre réglementation en
matière de vélo électrique.
211 usagers ont reçu en
prêt un vélo électrique pendant 2 semaines pour se
rendre au travail.
Ils ont effectué en moyenne plus de 100 km chacun avant
d'être questionnés.
L'enquête
(http://ceveq.qc.ca/Velo_e_2000.pdf)
montre, en particulier:
- Le vélo électrique n'apparaît pas plus
dangereux qu'un vélo normal. Au contraire, la vitesse du
cycliste étant plus régulière et autour de 25
km/h, celui-ci s'insère mieux dans le trafic automobile urbain.
- L'assistance au démarrage est donnée comme un
facteur de sécurité supplémentaire (Le
déséquilibre habituel avec un vélo classique
entraîne parfois un écart dangereux. Avec un vélo
électrique, le cycliste atteint plus rapidement la vitesse qui
lui permet de contrôler son équilibre).
- Le seuil de 25 km/h au-delà duquel l'assistance
électrique est coupée est jugé trop
bas, compte-tenu du fait que la plupart des cyclistes vont souvent plus
vite en vitesse de croisière sur du plat. Ils sont donc
obligés de fournir le même effort qu'avec un vélo
classique pour rouler à leur vitesse habituelle. Le seuil serait
plus judicieux à 30km/h.
- Beaucoup de cyclistes souhaitent
avoir la maîtrise de la puissance à fournir, plutôt
que de laisser un automatisme choisir à leur place.
- L'expérimentation a porté aussi sur des
vélo à propulsion électrique, c'est à dire
des vélos où l'énergie électrique est
délivrée même lorsque le cycliste ne pédale
pas. Il n'y a pas plus de sentiment d'insécurité avec ce
système qu'avec le système où l'énergie
n'est fournie que si l'on pédale.
On peut penser que la réglementation canadienne se calquera sur
ces conclusions.
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Expérimentation
en Luberon
Une dizaine de vélos électriques ont été
testés par une dizaine de personnes pour de la randonnée
cycliste en Luberon. Les
résultats négatifs ont conduit l'association "Vélo
loisir en Luberon" à abandonner son idée d'ajouter des
vélos électriques à son parc locatif
(répartis entre divers hôtels du Parc Régional
Naturel du Luberon):
- La plupart des vélos du commerce sont des
vélos de type urbains inadaptés pour des efforts continus
de plusieurs heures.
- Tous les vélos pesaient, avec leur motorisation,
entre 26 et 30 kg, soit près du double du poids des vélos
de randonnée classiques. De ce fait, les sensations de
liberté habituelle à la randonnée cycliste ne sont
pas bien restituées, en montée, en plat, en descente, au
démarrage ou au freinage.
- L'arrêt de l'assistance au-delà de 25 km/h
donne l'impression qu'un vélo électrique est globalement
plus dur à pédaler qu'un vélo classique (en phase
d'accélération, les efforts du cycliste sont
réels, même si l'assistance jour son rôle. Si le
cycliste à l'habitude d'une vitesse de croisière à
plus de 25 km/h, il aura donc l'impression d'avoir fourni un effort
constant aussi important qu'avec un vélo classique. Son effort
sera même plus grand au-dessus de 25 km/h puisque le vélo
est plus lourd)
- L'autonomie est limitée à une vingtaine de
kilomètre du fait du profil un peu tourmenté des
itinéraires testés.
Cette expérience conduit à définir des exigences
particulières au vélo électrique de
randonnée:
- moins de 20kg, motorisation et batterie comprise,
- capacité de la batterie de 500Wh,
- énergie disponible jusqu'à 30 km/h.
- commande au gré du cycliste
Depuis, j'ai découvert le site d'un monsieur qui essaie les vélos
électriques de façon très concrète et dont
les avis sont pleins d'enseignements: http://cyclurba.free.fr/vae-menu.php
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| Le
marché
Encore faut-il que les produits
mis sur le marché soient attractifs. Chaque année, il se
vend 200 000 vélos électriques au Japon. En 2000, il se
fabrique chaque mois en Chine pour le marché occidental 50000
essieux moteurs pour roue de vélo. En 2000, les canadiens ont
lancé un programme d'enquête auprès de 400 usagers
pour mieux connaître l'engin, en particulier pour
déterminer sa classification.
A Noël 1999, Le supermarché Géant Casino d'Aix en
Provence proposait des vélos électriques à 3500
Francs.
En 2004, curieusement, le prix des vélos électriques
dépasse les 1000 Euros, alors que l'on trouve des trottinettes
électriques pour 250 Euros. Un prix de marché de 500
Euros (300 Euros pour un kit) semble raisonnable, sous réserve
d'une promotion importante.
Le marché français ne semble pas suffisamment porteur pour
que les industriels français investissent dans des produits nouveaux,
et ni le Ministère de l'Equipement / Environnement ni le Ministère
de l'Industrie ne se sentent vraiment concernés. Personnellement,
je préférerais que nos fabricants de canons fabriquent de
quoi agir sur la santé publique et sur l'environnement.
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La
réglementation
La réglementation
française actuelle qui permet aux vélos à
pédalage assistés de ne pas être
intégrés dans la catégorie des vélomoteurs
(assurance 2 roues et casque obligatoire) est contraignante:
- Puissance limitée (300W, à vérifier)
- Assistance nulle au-delà de 25km/h
- Assistance asservie au pédalage. Pour ce dernier
point, une dérogation a été admise, si le
vélo est mis en mouvement jusqu'à 7km/h avec la seule
puissance musculaire.
Certains pays ont une réglementation où l'assistance
asservie au pédalage n'est pas demandée. La
réglementation européenne n'est pas encore votée
(à vérifier). Il serait intéressant que les
européens profitent de l' expérience
canadienne pour que
la réglementation soit la plus attractive possible.
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Plusieurs
domaines restent à couvrir:
- Le vélo d'entreprise, vélo en libre
service entre les employés sur un site trop vaste pour
être visité à pied (Police municipale, Distribution
de colis légers, Aéroports, Raffineries, Agriculture)
- Le vélo de location, qui doit répondre
à des exigences particulières (Localisation GPS, ne riez
pas, cela existe)
- Le vélo pliable, qui doit être
léger et robuste, qui permet de garer sa voiture (ou son bateau)
un peu plus loin, ou qui peut voyager en train. Contrairement à
une idée répandue, le vélo pliant n'a pas un
mauvais rendement. Les grandes roues ont été
adoptées dans les débuts du vélo parce que plus
adaptées aux défauts de surface des chemins de
l'époque. Il existe aujourd'hui des vélos à
petites roues tout à fait efficaces.
- Le vélo de randonnée dont la
motorisation et l'autonomie doivent être optimisés.
- Le vélo-taxi (nacelle arrière ou
avant)
- Le triporteur. Pourquoi ne pas mettre un couvercle
revêtu de photo-cellules
- Le tricycle pour
handicapé
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