Passé le premier instant de colère après lui-même, puis d'abattement, son
déterminisme essentiel - par essence, Dieu est déterministe - lui fit entre-
voir un univers plutôt sympa. Sûrement beaucoup de misère, avec du
bonheur en contrepartie. Il avait fallu choisir!: hors du train de l'éternité,
on a rien sans rien. Bref, Dieu, avec ses quatre dimensions, avait très vite
compris que la création de la paramécie était inéluctable.
Voilà ce que c'est que l'oisiveté. Quand on n'a pas à faire la vais-
selle, on s'ennuie, et puis on pense!! Le big-bang, c'est ça, l'univers
étouffait de trop d'ordre, il fallait bien que ça éclate...
Reprenons!: "De quelques neurones agencés, par mégarde selon les uns,
par transcendance diront les autres, on en était arrivé à combien de mil-
liards et rien ne permettait de dire aujourd'hui que ce nombre cesserait
un jour d'augmenter. Il y a toujours des paramécies, mais combien
d'autres espèces se sont bâties, milliers d'années par milliers d'années,
pour un jour arriver à l'espèce humaine, sans parler du règne végétal.
En fait, on spécule sur des millions d'années en arrière, à partir
des indices que l'on a aujourd'hui. J'ai plutôt envie de spéculer sur
un million d'années en avant.. Et pour cela, je trace un trait d'aus-
si loin que l'on spécule sur le passé, jusqu'à aujourd'hui, et je le
prolonge, sans honte, sans peur et sans vertige.
De l'atome à la paramécie, j'ai déjà fait un bout de chemin. De la
paramécie à l'homme, d'accident génétique en accident génétique,
voilà une autre étape. Aujourd'hui, le problème semble se compli-
quer, parce que le facteur hasard génétique tombe dans l'océan de
la conscience humaine. Jusqu'à quand celle-ci va-t-elle protéger
l'évolution naturelle!? Cent ans, mille ans, plus...?
Viendra bien l'heure de quelques savants fous, ou d'une masse hu-
maine submergée d'angoisse, ou prisonnière d'une logique radi-
cale. En mille ans, des occasions ne manqueront pas.
Gageons cependant que nous resterons sur la droite de l'évolution, où
tout se sera passé selon le bon vieux principe de la pérennité de l'espèce.
L'espèce humaine est comme toute autre espèce animale. Elle apprécie